Mon opinion sur la Réunion
8 juillet 2008 Classé dans Générale | 4 Commentaires »Bonjour, plutôt que de vous écrire un message tout plat, je vous envoie un “billet d’humeur” pour expliquer mon expérience de la réunion. J’espère que vous aurez le courage de la publier sur votre site.
“Super! Je quitte les brumes du Nord et ch’ti va profiter de l’île paradisiaque tant vantée par les catalogues bleus..; Après un voyage sardinant (difficile de respirer avec les genoux dans les narines…), me voilà enfin à bon port. Mon touropérator a bien fait les choses : bus affreté pour atteindre l’hotel. Par un riant matin des vacances de Noel, nous embarquons tous, excités comme des collégiens en voyage scolaire… Les premiers kms sont idylliques (mer magnifique tout le long de la route). Puis, arrêt… oh non, un embouteillage!! Et ki dure, ki dure… on comprend maintenant pourquoi le bus est climatisé! Après 40 siècles,j’arrive à l’hotel, à l’Hermitage… Piscine turquoise : je m’en fouts! Je jette ma valise dans ma chambre, saute dans un maillot et me rue vers la plage, comme un GM se précipite sur un buffet au club med….
Mais où est-elle? Un campement gitan s’étale sur tout l’abord : tentes, hamacs, générateurs avec friteuses (sic) .. sur la plage même : près d’un petit ponton en ruine, un énergumène mixe de la musique sur son ordi! Avec 2 grands baffles pour que tout le monde en profite. …
Je cauchemarde, c’est pas possible, je vais me réveiller… je me traîne le long du bord, accablée… partout la même chose! Je voudrais d’ailleurs signaler à l’attention des autorités sanitaires de ce département une maladie qui frappe les forces de l’ordre : une cécité sélective assez fulgurante : ils voient les panneaux interdisant le camping, les feux, les chiens… et juste derrière, ils ne voient pas les 3 tentes, le feu sous la grosse marmite (dans les aiguilles de filaos : la bonne idée!)… La maréchaussée doit être vue par des ophtalmos, je vous le dis (je sais, 5 ans d’attente, mais tout de même!) Je vais pas laisser mes vacances pourries par ce Woodstock exotique…
Avec mon digicode, j’accède à une aire protégée : la piscine de mon hotel. Tristes tropiques.
Le lendemain : visite de Saint Denis…. rebelote pour les embouteillages dans l’autre sens… j’arpente la ville toute la journée : j’ai eu ma dose de boucan et j’ai la tête comme un chou fleur : les souffleries de jardinage, les engins de construction, les bagnoles.. ont bercé toute ma journée de leur tintamarre… J’aurais du bâtir une petite maison avec toutes les batteries usagées lâchement abandonnées partout dans St Denis….J’aurais pu faire un double mur tellement il y en a!!
Rien qu’à l’idée de me retaper les embouteillages pour regagner mon hotel, j’ai les boules.
Le lendemain,je suis sûre que cela va changer : on s’éloigne de la mer et (j’ai vu les photos) La rivière Langevin m’a l’air bucolique à souhait….
AAArgh!!! Passons les embouteillages en route (je vous recommande la Souris chaude)… tout le long de la rivière, avant les chutes : c’est un amoncellement de bâches bleues protégeant des hordes de campeurs… plus un coin pour mettre sa serviette!!
J’envisage un moment le saut de la mort du haut des cascades pour enfin avoir la paix mais avec ma chance, je vais tomber sur un baigneur….
Seule la perspective d’aller voir le volcan le lendemain m’empêche de me faire harakiri…Embouteillages, tentes et bâches bleues crevant le paysage comme autant de furoncles sur la joue soyeuse d’un adolescent prépubère :je les considère maintenant comme faisant partie intégrante du paysage Réunionnais.”
Bon, avant de continuer, je vais voir si vous laissez effectivement tout le monde s’exprimer sur votre site ou si les sons de cloche (c’est moi) dissonnants sont écartés…
Pourtant, cela pourrait ouvrir le débat ou provoquer un sursaut écologique…
A voir.
sincèrement vôtre
Laura
Ile de la réunion Tourisme vous répond :
Vous l’avez constaté vous-même, les réunionnais aiment se retrouver en famille, entre amis autour d’un bon carry au feu de bois et faire durer la fête jusqu’au lendemain matin. Ces pratiques que vous avez réprouvées, sont fort justement interdites sur des lieux qui ne sont effectivement pas appropriés. Car en effet, la Réunion manque depuis plusieurs années de campings qui permettent aux réunionnais et aux touristes venus comme vous de loin de profiter des charmes de notre ile, au plus près de la nature. Conscient de ces besoins et de la piètre image que certains débordements donnent à notre île, Ile de la Réunion Tourisme s’est rapprochée des communes balnéaires afin de pouvoir mettre en place de nouveaux campings. Ainsi, votre courriel sera transmis aux communes de Saint-Paul et de Saint-Joseph, afin de les sensibiliser sur le ressenti des touristes venus découvrir ces sites.
Concernant les embouteillages et les nuisances sonores que vous mentionnez, j’attire votre attention sur plusieurs points :
• pour répondre à ces problématiques de transport, La Réunion a dès à présent entrepris des chantiers très importants (la Route des Tamarins, le Tram Train, la route du Littoral);
• les problématiques que vous citez sont aussi le revers du dynamisme économique de l’île ; vous ne le savez sans doute pas, mais notre île, aujourd’hui seul territoire européen de l’Océan Indien, a fait en un demi siècle un formidable bond économique, sanitaire et social dont nous sommes fiers, mais devant lequel nous restons humbles et lucides au regard des chantiers qui nous attendent…
• conscient des enjeux pour les réunionnais de demain et pour les visiteurs, La Réunion souhaite inscrire chacune de ses actions futures dans le souci d’un développement durable.
Toutes ces actions ne peuvent aboutir sans les efforts de chacun et un peu de temps…
A toutes fins utiles, je transmets également vos dernières remarques à la commune de Saint-Denis.
Enfin, je termine ma réponse en vous félicitant d’avoir su garder votre bonne humeur en toutes circonstances et note avec plaisir que certaines prestations touristiques vous ont donné satisfaction. Vous l’aurez ainsi remarqué, cet espace de discussion est ouvert à tous les avis, dissonants ou pas, l’essentiel étant pour nous de conserver un état d’esprit volontaire et constructif.